przez ZeRT » 13 lis 2009, o 00:34
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Blaise PASCAL / Pensées / OEuvres complètes / Bibliothèque de la Pléiade / nrf Gallimard 1954
« Pourquoi ma connaissance est-elle bornée ? ma taille ? ma durée à cent ans plutôt qu’à mille ? Quelle
raison a eue la nature de me la donner telle, et de choisir ce nombre plutôt qu’un autre, dans l’infinité
desquels il n’y a pas plus de raison de choisir l’un que l’autre, rien ne tentant plus que l’autre? »
< 89 p.1113 >
Friedrich NIETZSCHE / Humain, trop humain. (1878-1879) / OEuvres I / Robert Laffont - Bouquins
1990
« Tiré de l’expérience.— L’absurdité d’une chose n’est pas une raison contre son existence, c’en est plutôt
une condition. »
< 515 p.662 >
ACADÉMIE
Friedrich Melchior baron de GRIMM / Correspondance littéraire, philosophique et critique (tome 1) /
Garnier frères 1877 [BnF]
« Voltaire, pressant M. de Fontenelle de lui donner sa voix pour l’Académie : "Il faut attendre, lui répondit
Fontenelle.— Mais que diriez-vous à l’abbé Le Blanc s’il vous faisait la même demande? ajouta Voltaire.
— Je lui dirais d’espérer", répartit Fontenelle. Il faut observer que Voltaire mit l’abbé Le Blanc comme
l’homme de la littérature française qu’il méprisait le plus. »
< p.77 >
Lorédan LARCHEY / L’Esprit de tout le monde - Joueurs de mots (1891) / Berger-Levrault 1892
« PIRON
De son temps comme du nôtre, la salle des séances publiques de l’Académie se trouvait souvent trop petite.
On faisait queue à la porte, et Piron, confondu parmi les simples mortels, ne se montra pas un jour des plus
patients :
— Vraiment, cria-t-il, il est plus difficile d’entrer ici que d’y être reçu.
Le mot serait plus piquant si Piron n’avait pas échoué dans sa candidature.
Elle est classique, cette autre pointe faite en passant dans la cour du Louvre, devant la salle des séances de
l’Académie :
— Tenez ! voyez-vous, ils sont là quarante ayant de l’esprit comme quatre. »
< p.186 >
Lorédan LARCHEY / L’Esprit de tout le monde - Riposteurs (1893) / Berger-Levrault 1893
« — Pourquoi ne pas vous présenter à l’Académie? disait-on à Mably.
— Si j’en étais, on pourrait s’étonner. J’aime mieux entendre dire : Pourquoi n’en est-il pas ! »
< p.50 >
« Tout en rendant justice au talent de Zola, Aurélien Scholl ne peut supporter le mot m.... si héroïquement
imprimé dans ses romans, et il semble avoir prévu dès 1887, son entrée à l’Institut lorsqu’il écrit dans son
Paris aux cent coups :
— On ne peut nommer Zola à l’Académie, il faudrait percer le fauteuil. »
< p.240 >
Charles-Augustin SAINTE-BEUVE / Mes Poisons / Collection Romantique / José Corti 1988
« Victor Hugo est de l’Académie. Allons, allons, c’est bien : l’Académie a besoin de temps en temps d’être
déflorée. »
< p.52 >
« Le choix d’Ancelot à l’Académie n’a été qu’ignoble ; celui de Balzac serait immonde. »
< p.53 >
4 ACADÉMIE
Victor HUGO / Choses vues / Histoire / OEuvres complètes / Robert Laffont - Bouquins 1987
« L’autre jeudi, à l’Académie, M. Ancelot disait ce quatrain :
J’ai joué, je ne sais plus où
Sur un billard d’étrange sorte.
Les billes restent à la porte
Et la queue entre dans le trou.
Cela faisait rire ceux que le dictionnaire ne faisait pas bâiller. »
< 31 novembre 1846 p.614 >
« Il arriva un jour à l’Académie qu’un copiste malhabile, chargé de fournir des exemples donna celui-ci,
tiré, disait-il, de Regnard (Le Joueur) :
Je me mettrais en gage à mon besoin d’argent.
Là-dessus, la commission du Dictionnaire bâcla une théorie pour démontrer comme quoi la locution était
excellente, et neuve, et faisait partie des originalités de la langue française. L’Académie était en train
d’approuver le rapporteur M. Patin, lorsqu’un membre (M. Ancelot) fit remarquer que Regnard n’avait pas
écrit un mot de cela, et que le texte était, Le Joueur, acte II, scène ix :
Je me mettrais en gage en un besoin urgent.
Sur cette nippe-là vous auriez peu d’argent.
Un peu plus, la chose était dans le dictionnaire avec la manière de s’en servir. »
< Séance du jeudi 24 décembre 1846 p.684 >
« Le prétendu dictionnaire historique de la langue que fait en ce moment l’Académie est le chef-d’oeuvre
de la puérilité sénile. »
< 13 août 1847 p.644 >
Anatole FRANCE / Les opinions de M. Jérôme Coignard (1893) / OEuvres II / Bibliothèque de la Pléiade
/ nrf Gallimard 1987
« La Compagnie se résigna vite à consigner dans un gros dictionnaire les progrès de l’usage. C’est l’unique
soin des Immortels. Quand ils y ont vaqué, ils trouvent tout loisir de se récréer entre eux. Il leur faut pour
cela des compagnons plaisants, faciles, gracieux, des confrères aimables, des hommes entendus et sachant
le monde. Ce n’est pas toujours le cas des grands talents. Le génie est parfois insociable. Un homme
extraordinaire est rarement un homme de ressource. L’Académie a pu se passer de Descartes et de Pascal.
Qui dit qu’elle se serait aussi bien passée de M. Godeau ou de M. Conrart, ou de toute autre personne d’un
esprit souple, liant et avisé? »
< p.286 >
Edmond et Jules de GONCOURT / Journal (t.1) / Robert Laffont - Bouquins 1989
« Preuve en faveur du rien que peuvent les assemblées, les compagnies, les sociétés, pour les travaux,
découvertes, etc., toutes les grandes choses de la pensée ou de la volonté : l’Académie française ! À peine
un dictionnaire ! »
< 20 février 1860 p.536 >
Edmond et Jules de GONCOURT / Journal (t.2) / Robert Laffont - Bouquins 1989
« Comme cette fois-ci, c’étaient deux poètes qui se présentaient en même temps à l’Académie, l’un qui
s’appelle Autran, l’autre Théophile Gautier, et que l’Académie a choisie Autran, ma conviction absolue
sans appel, est que l’Académie est composée en majorité de crétins ou de véritables malhonnêtes gens : je
la laisse choisir. »
< 6 mai 1868 p.149 >
HenryMARET / Pensées et opinions / Paris, Flammarion 1903 [BnF]
« Quelle drôle d’idée a l’Académie de recevoir de temps en temps des hommes d’esprit ; cela les dépayse
et ils ne font plus rien qui vaille. »
< p.233 >
ACADÉMIE 5
Édouard LOCKROY / Au hasard de la vie / Paris Grasset 1913 [BnF]
« On raconte qu’Alfred de Musset ne venait que de loin en loin à l’Académie. En entrant, il demandait à
Pingard :
— M. Victor Hugo est-il venu à l’Académie aujourd’hui?
Et quand Pingard lui répondait non :
— Alors, reprenait Musset, il n’y a personne. Je m’en vais.
Là-dessus, il tournait les talons et rentrait chez lui. »
< p.281 >
Henry BECQUE / Souvenirs d’un auteur dramatique / Bibliothèque artistique et littéraire 1895 [BnF]
« Le malheur de l’Académie est d’être un corps inutile, qui ne confère qu’un titre inutile, et que la vanité
seule fait rechercher. »
< p.123 >
Anatole FRANCE / Le jardin d’Épicure (1894) / Calmann Lévy, Paris 1895 [BnF]
« Les vieillards tiennent beaucoup trop à leurs idées. C’est pourquoi les naturels des îles Fidji tuent leurs
parents quand ils sont vieux. Ils facilitent ainsi l’évolution, tandis que nous en retardons la marche en
faisant des académies. »
< p.150 >
Paul-Jean TOULET / Monsieur du Paur homme public / OEuvres complètes / Robert Laffont - Bouquins
1986
« Je voudrais [...] être de l’Académie pour en dire du mal. Car se moquer d’un salon où l’on n’est pas reçu,
ça n’a pas l’air très sincère ; mais quand on en est, et surtout que le maître de la maison est un cardinal mort
il y a longtemps, on peut s’en donner à coeur joie ; »
< p.254 >
Georges DARIEN / La Belle France (1900) / Voleurs ! / Omnibus Presses de la Cité 1994
« "L’Académie est un salon." L’Académie n’est pas un salon ; c’est une bourriche. À part Anatole France,
doué d’un haut talent, et deux ou trois autres qui, sans grandes idées, n’écrivent pas positivement mal, il
n’y a là qu’une collection d’huîtres ; et d’huîtres contaminées.
"Nous sommes des honnêtes gens." Vous n’êtes pas des honnêtes gens ; vous êtes de glorioleuses canailles.
Et ce serait un bonheur pour le pays que la disparition de cet antre de la sottise servile, du pédantisme
hypocrite, lâche et féroce— de ce conservatoire de la cruelle et ridicule vanité nationale. »
< p.1203 >
Léon DAUDET / Le stupide XIXe siècle (1922) / Souvenirs et polémiques / Robert Laffont - Bouquins
1992
« J’ai assisté de près à de nombreuses brigues pour l’Académie française et pour l’Académie des sciences
et j’en ai conservé à la fois un souvenir amusé et écoeuré. Il est étonnant que des hommes d’un certain âge
et d’un certain poids se soumettent à d’aussi humiliantes démarches, ou acceptent d’être confondus avec la
tourbe de faux lettrés et de faux savants qui encombre ces prétendus sanctuaires des Lettres et des Sciences.
Une fois admis, après bien des rebuffades, et pleins de rancoeur, ces gens de valeur prennent en grippe les
collègues qui les ont ainsi humiliés et ne songent plus qu’à se venger d’eux, ou à susciter des candidats
qu’ils pourront, à leur tour, brimer et molester. D’où un sadisme sénilo-académique qui mériterait une étude
à part. »
< p.1279 >
Emil CIORAN / Carnets 1957-1972 / nrf Gallimard 1997
« Hier, élection d’Eugène [Ionesco] à l’Académie. Il m’a dit, terrifié : "C’est pour toujours, pour l’éternité."
— Je le rassure : "Mais non, pense à Pétain, à Maurras, à Abel Hermant et à quelques autres. Ils en furent
chassés. Tu auras peut-être aussi l’occasion de commettre quelque acte de trahison."— Lui : "Il y a donc
de l’espoir." »
< 23 janvier 1970 p. 787 >
6 ACTION
Paul MORAND / Journal inutile 1968-1972 / nrf Gallimard 2001
« Lorsque le Dictionnaire de l’Académie en arrivera au mot Vertu, je ne serai plus de ce monde. Jeudi
prochain, nous serons au mot Cul. »
< 15 novembre 1971, p.616 >
« Que le bel uniforme vert (me disais-je hier, en regardant l’Institut) cache de jambes mécaniques, de
ceintures herniaires, de fausses dents et de tibias démontables... »
< 17 novembre 1972, p.828 >
Pierre DESPROGES / Vivons heureux en attendant la mort / Ed. du Seuil 1983
« Quand ils ont fini d’écrire des conneries dans le dictionnaire, à quoi servent les académiciens? À rien. À
rien du tout. Non mais regardez-les ! Voyez ces tristes spécimens de parasites de la société qui trémoussent
sans vergogne leur arrogance de nantis sur les fauteuils vermoulus de l’Académie française. Voyez-les
glandouiller sans honte à l’heuremême où des millions de travailleurs de ce pays suent sang et eau dans nos
usines, dans nos bureaux, et même dans nos jardins où d’humbles femmes de la terre arrachent sans gémir
à la glèbe hostile les glorieuses feuilles de scarole destinées à décorer les habits verts de ces plésiosaures
diminués qui souillent les bords de Seine du Quai Conti du chevrotement comateux de leurs pensées séniles.
N’avez-vous pas honte, messieurs, de vous commettre ainsi dans cette assemblée de vieilles tiges creuses,
rien dans la cafetière, tout dans la coupole.
N’avez-vous pas honte, à vos âges, des grands garçons comme vous, de vous déguiser périodiquement
en guignols vert pomme avec des chapeaux à plumes à la con et une épée de panoplie de Zorro ? Est-il
Dieu possible que des écrivains aussi sérieux que vous passent leur temps à se demander s’il y a deux n à
zigounette? »
< p.133 >
Frédéric DARD / Les pensées de San-Antonio / Le cherche midi éditeur 1996
« Victor Hugo, de l’Académie française (on ne le précise jamais, car l’Académie n’est glorieuse que pour
ceux qui ne le sont pas). »
< p.120 >
Michel AUDIARD / Audiard par Audiard / Ed. René Chateau 1995
« Se disant homme d’épée mais interdisant les duels, se disant ami des lettres mais fondant l’Académie
Française, Armand Jean du Plessis, Cardinal de Richelieu était un personnage plein de contradictions. »
< Les Trois Mousquetaires, p.109 >
ACTION
MARC-AURÈLE / Pensées / Les Stoïciens / Bibliothèque de la Pléiade / nrf Gallimard 1962
« Vise toujours à la brièveté ; brève est la route de la nature, et c’est la manière de tout faire et de tout dire
le plus raisonnablement possible ; un tel propos t’affranchit de bien des fatigues, de campagnes militaires,
d’affaires administratives, du style recherché. »
< IV (51) p.1168 >
« Ne va pas penser que, si une chose est difficile à comprendre pour toi, elle est incompréhensible pour tout
homme ; mais si une chose est possible et familière à un homme, crois bien aussi que tu peux l’atteindre. »
< VI (19) p.1182 >
« N’aie pas honte de te faire aider ; car tu te proposes de faire ce qui est utile, comme le soldat à l’assaut
des murs. Quoi donc ! si tu es boiteux et si tu ne peux monter seul au créneau, mais si c’est possible, grâce
à un autre? »
< VII (7) p.1191 >
Michel de MONTAIGNE / Essais / Garnier 1962
« A chaque minute il me semble que je m’eschape. Et me rechante sans cesse : "Tout ce qui peut estre faict
un autre jour, le peut estre aujourd’huy." »
< t.1 p.89 livre I chap.XX >
ACTION 7
LA ROCHEFOUCAULD / Maximes / Garnier 1967
« Ceux qui s’appliquent trop aux petites choses deviennent ordinairement incapables des grandes. »
< M 41 p.15 >
Madame de SABLÉ / Maximes (1678) / Moralistes du XVIIe siècle / Robert Laffont - Bouquins 1992
« Les bons succès dépendent quelquefois du défaut de jugement parce que le jugement empêche souvent
d’entreprendre plusieurs choses que l’inconsidération fait réussir. »
< 24 p.249 >
Blaise PASCAL / Pensées / OEuvres complètes / Bibliothèque de la Pléiade / nrf Gallimard 1954
« Raison des effets. - La concupiscence et la force sont les sources de toutes nos actions : la concupiscence
fait les volontaires ; la force, les involontaires. »
< 247 p.1154 >
Jean de LA FONTAINE / Fables / La Pochothèque LdP 2000
« L’homme est ainsi bâti : quand un sujet l’enflamme,
L’impossibilité disparaît à son âme.
Combien fait-il de voeux, combien perd-il de pas?
S’outrant pour acquérir des biens ou de la gloire?
"Si j’arrondissais mes États !
Si je pouvais remplir mes coffres de ducats !
Si j’apprenais l’hébreu, les sciences, l’histoire !"
Tout cela, c’est la mer à boire ;
Mais rien à l’homme ne suffit :
Pour fournir aux projets que forme un seul esprit
Il faudrait quatre corps ; encor, loin de suffire,
À mi-chemin je crois que tous demeureraient :
Quatre Mathusalems bout à bout ne pourraient
Mettre à fin ce qu’un seul désire. »
< Livre huitième, XXV Les deux chiens et l’âne mort p.508 >
Jean de LA BRUYÈRE / Les Caractères / OEuvres / Bibliothèque de la Pléiade / nrf Gallimard 1951
« Celui qui, logé chez soi dans un palais, avec deux appartements pour les deux saisons, vient coucher
au Louvre dans un entresol n’en use pas ainsi par modestie ; cet autre qui, pour conserver une taille fine,
s’abstient du vin et ne fait qu’un seul repas n’est ni sobre ni tempérant et d’un troisième qui, importuné
d’un ami pauvre, lui donne enfin quelque secours, l’on dit qu’il achète son repos, et nullement qu’il est
libéral. Le motif seul fait le mérite des actions des hommes, et le désintéressement y met la perfection. »
< p.104 II (41) >
Charles DUFRESNY / Amusements sérieux et comiques (1698) / Moralistes du XVIIe siècle / Robert
Laffont - Bouquins 1992
« Les jeunes gens disent ce qu’ils font, les vieillards ce qu’ils ont fait, et les sots ce qu’ils ont envie de
faire. »
< p.1028 >
Pierre-Augustin Caron de BEAUMARCHAIS / Le Barbier de Séville (1775) / OEuvres complètes /
Firmin-Didot 1865
« [...] la difficulté de réussir ne fait qu’ajouter à la nécessité d’entreprendre. »
< Acte I scène vi p.82 >
VAUVENARGUES / Réflexions et maximes / Les moralistes français / Paris, Garnier frères 1875
« Pour exécuter de grandes choses, il faut vivre comme si on ne devait jamais mourir. »
< 142 - p.659 >
8 ACTION
Antoine de RIVAROL / Esprit de Rivarol [oeuvres diverses] / Paris 1808 [BnF cote Z-24383]
« Mirabeau, capable de tout pour de l’argent, même d’une bonne action. »
< Anecdotes et bons mots p.150 >
« C’est un terrible avantage que de n’avoir rien fait, mais il ne faut pas en abuser. »
< Anecdotes et bons mots p.163 >
Joseph JOUBERT / Carnets / nrf Gallimard 1938-1994
« Faire d’avance un plan exact et détaillé, c’est ôter à son esprit tous les plaisirs de la rencontre et de
la nouveauté dans l’exécution de l’ouvrage. C’est se rendre à soi-même cette exécution insipide et par
conséquent impossible dans les ouvrages qui dépendent de l’enthousiasme et de l’imagination. Un pareil
plan est lui-même un demi-ouvrage. Il faut le laisser imparfait si on veut se plaire. »
< 6 août 1798 t.1 p.247 >
« Il faut, quand on agit, se conformer aux règles, et quand on juge avoir égard aux exceptions. »
< 6 mai 1799 t.1 p.295 >
« La facilité est ennemie des grandes choses. »
< 1 juin 1806 t.2 p.121 >
« Il y a une infinité de choses qu’on ne fait bien que lorsqu’on les fait par nécessité. »
< 26 novembre 1809 t.2 p.300 >
CHAMFORT / Maximes et Pensées, Caractères et Anecdotes / Garnier-Flammarion 1968
« La vie contemplative est souvent misérable. Il faut agir davantage, penser moins, et ne pas se regarder
vivre. »
< 341 p.127 >
Benjamin FRANKLIN / Mélanges de Morale, d’Économie et de Politique (t.1) / Paris, J.Renouard 1826
[BnF]
« Le bonhomme Richard conseille la circonspection et le soin, par rapport aux objets même de la plus
petite importance, parce qu’il arrive souvent qu’une légère négligence produit un grand mal. Faute d’un
clou, dit-il, le fer d’un cheval se perd ; faute d’un fer, on perd le cheval ; et faute d’un cheval, le cavalier
lui-même est perdu, parce que son ennemi l’atteint et le tue ; et le tout pour n’avoir pas fait attention à un
clou au fer de sa monture. »
< La science du bonhomme Richard, 1757 p.135 >
JohannWolfgang von GOETHE / Maximes et réflexions / Paris, Brokhauss et Avenarius 1842 [BnF]
« Il vautmieux faire la chose la plus insignifiante du monde, que de passer une demi-heure sans rien faire. »
< p.135 >
Jean de LA FONTAINE / Fables / La Pochothèque LdP 2000
« Une montagne en mal d’enfant
Jetait une clameur si haute,
Que chacun au bruit accourant
Crut qu’elle accoucherait, sans faute,
D’une cité plus grosse que Paris :
Elle accoucha d’une souris. »
< Livre cinquième X La montagne qui accouche p.288 >
Charles-Maurice de TALLEYRAND-PÉRIGORD / La confession de Talleyrand [Ana] / Paris, L.Sauvaitre
1891 [BnF]
« Il y a des montagnes qui accouchent d’une souris, et d’autres qui accouchent d’un volcan. »
< p.26 >
ACTION 9
Victor HUGO / Philosophie prose / Océan / OEuvres complètes / Robert Laffont - Bouquins 1989
« Les grandes choses sont faites pour enfanter les petites et les petites pour engendrer les grandes. La
montagne produit une souris ; le polype bâtit un promontoire. »
< 1840 p.84 >
Georg Christoph LICHTENBERG / Aphorismes / Collection Corps 16 - Éditions Findakly 1996
« Il y a des gens pour croire sensé tout ce qu’on fait en prenant un air sérieux. »
< p.31 >
« Je crois que si l’on veut construire sur du sable, autant que ce soient des forteresses plutôt que des
châteaux de cartes. »
< p.34 >
« Le penchant qu’ont les hommes à tenir pour importantes des vétilles n’a pas manqué d’avoir de très
grandes conséquences. »
< p.57 >
Pierre François LACENAIRE / Mémoires / José Corti 1991
« L’homme indécis sur une action qu’il médite, attend souvent un exemple qui l’encourage ; quelque envie
qu’il ait de la faire, il ne veut pas être le premier, il attend qu’on lui ouvre le chemin. Aussi voyez, examinez,
dans la société, un acte de bienfaisance succède à un acte de bienfaisance, un duel à un duel, un suicide à
un suicide, un crime à un crime. L’homme est imitateur ; confrontez attentivement les registres de la police
avec ceux de la cour d’assises. et vous verrez que l’assassinat n’est jamais plus fréquent que lorsqu’on
vient de condamner un homme pour assassinat ; six mois passés sans meurtre, il faut une âme forte pour
en commettre un ; il montre l’exemple, on le suit ; combien qui n’attendaient que cela pour se décider. En
sortant de la cour d’assises, on est toujours plus disposé à commettre un crime qu’en y entrant. Il y a ce je
ne sais quoi qui diminue l’horreur du crime, en voyant le criminel fait comme un autre homme, lui que l’on
s’était peint comme un monstre ; un je ne sais quoi qui fait qu’on n’y trouve plus autant de répugnance, et si
l’accusé est ferme, quel encouragement ! Je serai comme lui, se dit-on ; ne suis-je pas homme comme lui?
On s’habitue à cette idée, on ne la chasse plus ; et si le criminel vient à démontrer que c’est la société qui
a tort avec lui, chacun se dit : Elle a tort aussi avec moi ; pourquoi la ménagerais-je plus que lui? pourquoi
craindrais-je plus que lui? Tout cela est dans l’homme; osez me dire que non, je vous dirai que vous ne le
connaissez pas. »
< p.113 >
Alphonse KARR / En fumant / M. Lévy frères 1862
« Un philosophe... chinois : "Faites ce que vous voulez avoir fait, avant ce que vous avez envie de faire". »
< p.54 >
Jules RENARD / Journal / Robert Laffont - Bouquins 1990
« Le peintre qui s’apprête à peindre le soleil fait des théories, et, quand il veut commencer, le soleil n’est
plus là. »
< 22 janvier 1893 p.116 >
« Si tu as plusieurs cordes à ton arc, elles s’embrouilleront, et tu ne pourras plus viser. »
< 8 décembre 1896 p.284 >
Friedrich NIETZSCHE / Humain, trop humain. (1878-1879) / OEuvres I / Robert Laffont - Bouquins
1990
« Échelle de mesure pour tous les jours.
On se trompera rarement si l’on ramène les actions extrêmes à la vanité, les médiocres à l’habitude et les
mesquines à la peur. »
< 74 p.484 >
10 ACTION
« Défaut principal des hommes d’action.
C’est lemalheur des gens d’action que leur activité est toujours un peu irraisonnée. On ne peut, par exemple,
demander au banquier qui amasse de l’argent le but de son incessante activité ; elle est irraisonnée. Les gens
d’action roulent comme la pierre, suivant la loi brute de la mécanique. - Tous les hommes se divisent, en
tout temps et de nos jours, en esclaves et libres ; car celui qui n’a pas les deux tiers de sa journée pour
lui-même est esclave, qu’il soit d’ailleurs ce qu’il veut : homme d’Etat, marchand, fonctionnaire, savant. »
< 283 p.592 >
« Comment on gagne les gens courageux.
On amène les gens courageux à une action en la leur exposant plus périlleuse qu’elle n’est. »
< 308 p.599 >
« Truc de prophète. - Pour deviner à l’avance les façons d’agir d’hommes ordinaires, il faut admettre qu’ils
font toujours la moindre dépense d’esprit pour se libérer d’une situation désagréable. »
< 551 p.667 >
Friedrich NIETZSCHE / Aurore. (1881) / OEuvres I / Robert Laffont - Bouquins 1990
« Cela aussi est héroïque.— Faire les choses les plus décriées, celles dont on ose à peine parler, mais qui
sont utiles et nécessaires, — cela aussi est héroïque. Les Grecs n’ont pas eu honte de compter parmi les
grands travaux d’Hercule le nettoyage d’une écurie. »
< 430 p.1159 >
« Être dupe. — Dès que vous voulez agir, il vous faut fermer les portes du doute, — disait un homme
d’action.— Et ne crains-tu pas, de cette façon, d’être dupe?— rétorqua un contemplatif. »
< 519 p.1187 >
Friedrich NIETZSCHE / Par-delà le bien et le mal (1886) / OEuvres II / Robert Laffont - Bouquins 1990
« [...] presque tout ce qui intéresse et séduit les gens d’un goût assez fin et délicat, et les natures supérieures,
l’homme moyen n’y trouve "aucun intérêt" ; et s’il remarque malgré tout qu’on se dévoue à ces choses, il
appelle cela de l’esprit désintéressé et s’étonne qu’il soit possible d’agir de cette façon. »
< 220 p.668 >
« — Quel ennui ! C’est toujours la même histoire ! Quand on a fini de construire sa maison, on remarque
qu’on a, sans s’en rend compte, appris en la bâtissant une chose qu’il aurait absolument fallu savoir —
avant de commencer. L’éternel et douloureux "trop tard !"— mélancolie de tout ce qui est achevé... »
< 277 p.724 >
Jean COCTEAU / Le Rappel à l’ordre / Romans, Poésies, OEuvres diverses / La Pochothèque LdP 1995
« La source désapprouve presque toujours l’itinéraire du fleuve. »
< p.430 >
Alphonse ALLAIS / À se tordre (1891) / OEuvres anthumes / Robert Laffont - Bouquins 1989
« — Vous n’y allez pas par quatre chemins, vous !
— Jamais ! Un seul, c’est plus court. »
< p.42 >
Anatole FRANCE / Le jardin d’Épicure (1894) / Calmann Lévy, Paris 1895 [BnF]
« L’empire n’est pas à ceux qui veulent tout comprendre. C’est une infirmité que de voir au-delà du but
prochain. Il n’y a pas que les chevaux et les mulets à qui il faille des oeillères pour marcher sans écart. »
< p.121 >
Anatole FRANCE / Monsieur Bergeret à Paris (1901) / Au tournant du siècle / Omnibus 2000
« Je découvre sur le tard que c’est une grande force que de ne pas comprendre. Cela permet parfois de
conquérir le monde. Si Napoléon avait été aussi intelligent que Spinoza, il aurait écrit quatre volumes dans
une mansarde. »
< 17, p.480 >
ACTION 11
Gustave LE BON / Aphorismes du temps présent (1913) / Paris, Les amis de G. Le Bon 1978 [BnF]
« Si l’homme avait commencé par penser au lieu d’agir, le cycle de son histoire serait clos depuis longtemps.
»
< p.241 >
Henry de MONTHERLANT / Service inutile / Essais / Bibliothèque de la Pléiade / nrf Gallimard 1963
« L’inertie est une vertu, en regard d’actes vains, comme l’apathie est une vertu, en regard de passions
sottes. »
< L’âme et son ombre, p.705 >
Paul VALÉRY / Degas Danse Dessin (1936) / OEuvres II / Bibliothèque de la Pléiade / nrf Gallimard 1960
« Les obstacles sont les signes ambigus devant lesquels les uns désespèrent, les autres comprennent qu’il y
a quelque chose à comprendre.
Mais il en est qui ne les voient même pas... »
< p.1209 >
Paul VALÉRY / Tel Quel / OEuvres II / Bibliothèque de la Pléiade / nrf Gallimard 1960
« Que de choses il faut ignorer pour "agir" ! »
< p.503 >
Paul VALÉRY / Mauvaises pensées et autres / OEuvres II / Bibliothèque de la Pléiade / nrf Gallimard 1960
« Qui veut faire de grandes choses doit penser profondément aux détails. »
< p.893 >
Paul VALÉRY / Cahiers I / Bibliothèque de la Pléiade / nrf Gallimard 1973
« Ce qui me fait si lent à bâtir, si temporisateur est l’étrange manie de vouloir toujours commencer par le
commencement. »
< Ego p.45 >
André GIDE / Journal 1889-1939 / Bibliothèque de la Pléiade / nrf Gallimard 1951
« Il est extrêmement rare que la montagne soit abrupte de tous côtés. »
< p.351 >
« Un chemin droit ne mène jamais qu’au but. »
< 28 octobre 1922 p.745 >
« Celui qui agit comme tout le monde s’irrite nécessairement contre celui qui n’agit pas comme lui. »
< 27 juillet 1924 p.787 >
André GIDE / Journal 1939-1949 Souvenirs / Bibliothèque de la Pléiade / nrf Gallimard 1954
« L’on me reproche ma démarche oblique... mais qui ne sait, lorsqu’on a vent contraire, que force est de
tirer des bordées? Vous en parlez bien à votre aise, vous qui vous laissez porter par le vent. Je prends appui
sur gouvernail. »
< 15 janvier 1946 p.287 >
Pierre DESPROGES / La seule certidude que j’ai, c’est d’être dans le doute / Ed. du Seuil 1998
« Si l’union fait la force, la force n’a jamais fait l’intelligence. »
< p.69 >
ALAIN / Propos I / Bibliothèque de la Pléiade / nrf Gallimard 1956
« L’union fait la force. Oui, mais la force de qui? »
< 10 décembre 1925 p.666 >
12 ACTION
« Le petit mot : "Je ferai" a perdu des empires. Le futur n’a de sens qu’à la pointe de l’outil. Prendre une
résolution n’est rien ; c’est l’outil qu’il faut prendre. La pensée suit. Réfléchissez à ceci que la pensée ne
peut nullement diriger une action qui n’est pas commencée. »
< 18 juin 1931 p.1021 >
« Nul ne peut vouloir sans faire. Je n’entends pas par là seulement que l’exécution doit suivre le vouloir,
ce qui est déjà une assez bonne maxime de pratique ; j’entends que l’exécution doit précéder le vouloir.
Comment cela ? Rien n’est plus simple ni plus aisé à comprendre si l’on considère l’homme tout entier,
l’homme dans la situation de l’homme, tel qu’il est né, tel qu’il a grandi. Que l’homme agisse avant de
vouloir, c’est ce qui est évident par l’enfance. L’homme nage dans l’univers dès qu’il y est jeté ; et il s’y
trouve toujours jeté, et jamais d’aucune manière il ne s’en peut retirer. L’action réelle est donc toujours
commencée. Tout le vouloir doit s’appliquer à ce point où l’homme déjà se sauve par les mouvements de
l’instinct. L’art de naviguer, qui est un des plus admirables, fournit toujours de bonnes comparaisons pour
l’art de vivre. On sait que le gouvernail ne peut agir si le bateau ne reçoit pas une impulsion, soit du vent,
soit des rames ; et disons même que, tant que la coque n’a pas pris une certaine vitesse par rapport à l’eau,
le gouvernail est une chose morte. »
< 17 avril 1932 p.1075 >
Emil CIORAN / Syllogismes de l’amertume (1952) / OEuvres / Quarto Gallimard 1995
« Point d’action ni de réussite sans une attention totale aux causes secondaires.
La "vie" est une occupation d’insecte. »
< p.783 >
Emil CIORAN / De l’inconvénient d’être né (1973) / OEuvres / Quarto Gallimard 1995
« Un zoologiste qui, en Afrique, a observé de près les gorilles, s’étonne de l’uniformité de leur vie et de
leur grand désoeuvrement. Des heures et des heures sans rien faire... Ils ne connaissent donc pas l’ennui?
Cette question est bien d’un homme, d’un singe occupé. Loin de fuir la monotonie, les animaux la recherchent,
et ce qu’ils redoutent le plus c’est de la voir cesser. Car elle ne cesse que pour être remplacée
par la peur, cause de tout affairement.
L’inaction est divine. C’est pourtant contre elle que l’homme s’est insurgé. Lui seul, dans la nature, est
incapable de supporter la monotonie, lui seul veut à tout prix que quelque chose arrive, n’importe quoi. Par
là, il se montre indigne de son ancêtre : le besoin de nouveauté est le fait d’un gorille fourvoyé. »
< p.1388 >
Emil CIORAN / Carnets 1957-1972 / nrf Gallimard 1997
« Faire autre chose que de l’extraordinaire est vraiment inutile. »
< 1 juillet 1968, p.590 >
L.J. PETER et R. HULL / Le principe de Peter / Stock le Livre de Poche 1970
« La devise des spécialistes du détail est : "Occupez-vous des souris et les montagnes se débrouilleront bien
toutes seules." »
< p.140 >
Henri LABORIT / Éloge de la fuite / Robert Laffont 1976 - Gallimard folio-essais 7
« Il semble donc exister trois niveaux d’organisation de l’action. Le premier, le plus primitif, à la suite d’une
stimulation interne et/ou externe, organise l’action de façon automatique, incapable d’adaptation. Le second
organise l’action en prenant en compte l’expérience antérieure, grâce à la mémoire que l’on conserve de
la qualité, agréable ou désagréable, utile ou nuisible, de la sensation qui en est résultée. L’entrée en jeu
de l’expérience mémorisée camoufle le plus souvent la pulsion primitive et enrichit la motivation de tout
l’acquis dû à l’apprentissage. Le troisième niveau est celui du désir. Il est lié à la construction imaginaire
anticipatrice du résultat de l’action et de la stratégie à mettre en oeuvre pour assurer l’action gratifiante ou
celle qui évitera le stimulus nociceptif. Le premier niveau fait appel à un processus uniquement présent, le
second ajoute à l’action présente l’expérience du passé, le troisième répond au présent, grâce à l’expérience
passée par anticipation du résultat futur. »
< p.20-21 >
ACTION 13
« Quelles peuvent être les raisons qui nous empêchent d’agir?
La plus fréquente, c’est le conflit qui s’établit dans nos voies nerveuses entre les pulsions et l’apprentissage
de la punition qui peut résulter de leur satisfaction. Punition qui peut venir de l’environnement physique,
mais plus souvent encore, pour l’homme, de l’environnement humain, de la socio-culture.
[...]
Une autre source d’angoisse est celle qui résulte du déficit informationnel, de l’ignorance où nous sommes
des conséquences pour nous d’une action, ou de ce que nous réserve le lendemain. Cette ignorance aboutitelle
aussi à l’impossibilité d’agir de façon efficace.
[...]
Enfin, chez l’homme, l’imaginaire peut, à partir de notre expérience mémorisée, construire des scénarios
tragiques qui ne se produiront peut-être jamais mais dont nous redoutons la venue possible. Il est évidemment
difficile d’agir dans ce cas à l’avance pour se protéger d’un événement improbable, bien que redouté.
Autre source d’angoisse par inhibition de l’action. »
< p.43-44 >
André FROSSARD / Les Pensées / Le cherche midi éditeur 1994
« Dans certaines situations, il n’y a qu’une chose à faire : rien. Mais il faut le faire tout de suite, sans
attendre une minute de plus. On perd toujours trop de temps avant d’agir. »
< p.157 >
José ARTUR / Les Pensées / Le cherche midi éditeur 1993
« Casser le thermomètre n’est pas la meilleure façon de faire baisser la température. »
< p.137 >
COLUCHE / Pensées et anecdotes / Le cherche midi éditeur 1995
« Si vous ne faites pas aujourd’hui ce que vous avez dans la tête, demain, vous l’aurez dans le cul. »
< p.213 >
Michel AUDIARD / Audiard par Audiard / Ed. René Chateau 1995
« Un intellectuel assis va moins loin qu’un con qui marche. »
< Un Taxi pour Tobrouk, p.79 >
Frédéric DARD / Les pensées de San-Antonio / Le cherche midi éditeur 1996
« Différer une emmerde, c’est lui donner le temps de croître. »
< p.61 >
« L’homme trop prudent attend qu’il soit trop tard. »
< p.82 >
Georges FILLIOUD / Homo Politicus / filipacchi 1996
« Michel Hannoun :
J’étais alors responsable des étudiants gaullistes, mais aussi étudiant en médecine, et lors d’une rencontre
avec André Malraux, j’ai le courage et la jeunesse de lui demander : "Pourquoi avez-vous des tics?"
Réponse de Malraux : "Parce que ma pensée va plus vite que l’action, et que l’une est en permanence à la
poursuite de l’autre." »
< p.129 >
Philippe BOUVARD / Journal 1992-1996 / Le cherche midi éditeur 1997
« Ah ! la volupté de régler tout dans la journée et d’aller se coucher sans qu’aucun papier en souffrance
ne traîne sur le bureau, sans devoir un franc à personne et — mais c’est beaucoup plus rare — sans que
personne ne vous doive un franc !... »
< p.187 >
14 ALTRUISME
ALCOOL
Sigmund FREUD / Le mot d’esprit et ses rapports avec l’inconscient (1905) / Gallimard 1930 idées 198
« La modification de l’humeur est ce que l’alcool peut offrir de plus précieux à l’homme et ce qui fait
que tous les hommes ne renoncent pas avec la même facilité à ce "poison". L’humeur enjouée, d’origine
endogène ou toxique, abaisse les forces d’inhibition, la critique en particulier, et rend par là de nouveau
abordables des sources de plaisir dont la répression fermait l’accès. Il est fort instructif de noter combien
l’exaltation de l’humeur nous rend peu exigeants sur la qualité de l’esprit. C’est que l’humeur supplée à
l’esprit, comme l’esprit doit s’efforcer de suppléer à cette humeur qui offre des possibilités de jouissance
habituellement inhibées, et, parmi ces dernières, le plaisir de l’absurde. »
< p.209 >
Alfred JARRY / La chandelle verte / OEuvres / Bouquins, Robert Laffont 2004
« Quand ne sera-t-il plus besoin de rappeler que les antialcooliques sont des malades en proie à ce poison,
l’eau, si dissolvant et corrosif qu’on l’a choisi entre toutes substances pour les ablutions et lessives, et
qu’une goutte versée dans un liquide pur, l’absinthe par exemple, le trouble? »
< 1 mars 1901, p.910 >
« Des chercheurs, anonymes mais dignes de foi, nous communiquent, à propos du récent article sur le
poison eau, leurs observations touchant le pouvoir destructeur de cet agent appliqué à diverses substances
alimentaires. Le sucre, paraît-il, serait rongé et anéanti en peu d’instants. Les loisirs nous ont manqué pour
contrôler cette expérience. »
< 1 avril 1901, p.916 >
Alfred JARRY / Le Surmâle / OEuvres / Bouquins, Robert Laffont 2004
« — Vous dites du mal de l’eau? s’étonna le docteur.
— Mon cher Sangrado, ne vous alarmez pas : ce liquide n’a pas de goût plus particulièrement nauséeux,
du moins en bains de pieds et en lavements ! C’est lui faire une place assez belle que le réserver à ces
usages ! »
< p.817 >
Henri JEANSON / Jeanson par Jeanson / Ed. René Chateau 2000
« Poète et auteur dramatique, Pierre Brasseur écrit comme il vit, des pièces extravagantes et tragiques où
le désespoir, l’amour, la joie de vivre, la mélancolie et le burlesque se disputent tour à tour l’avant-scène.
Il a du talent partout...
La dernière fois que je l’ai vu, c’était pendant l’Occupation. Il était l’objet de poursuite de l’État français.
Il avait traité en public le maréchal Pétain de vieux con.
— Tu comprends, me disait-il, j’ai dit ça spontanément... Et le plus fort c’est que je n’étais pas saoul du
tout... Alors, je n’ai même pas d’alibi. Tu vois où ça vous mène la sobriété. »
< Le Canard enchaîné, 16 janvier 1946, p.292 >
Jean YANNE / J’me marre / Le cherche midi éditeur 2003
« À moins d’avoir beaucoup bu, on ne peut distinguer les photons à l’oeil nu. »
< p.60 >
ALTRUISME
MARC-AURÈLE / Pensées / Les Stoïciens / Bibliothèque de la Pléiade / nrf Gallimard 1962
« Ce qui n’est pas utile à l’essaim n’est pas non plus utile à l’abeille. »
< VI (54) p.1188 >
SÉNÈQUE / Lettres à Lucilius / Robert Laffont - Bouquins 1993
« Nul [...] ne peut couler ses jours dans le bonheur qui ne considère que soi, qui tourne toutes choses à sa
propre commodité. Vis pour autrui, si tu veux vivre pour toi. »
< V Lettre 48-2 p.708 >
ALTRUISME 15
SUÉTONE / Vies des Douze Césars / GF-Flammarion (553) 1990
« S’étant, une fois, souvenu, à son souper, de n’avoir fait aucun heureux dans la journée, il [Titus] prononça
ce mot si mémorable et si justement vanté : "Mes amis, j’ai perdu un jour." »
< Titus, p.319 >
Joseph JOUBERT / Carnets / nrf Gallimard 1938-1994
« Recevoir des bienfaits de quelqu’un est une manière plus sûre de se l’attacher que de l’obliger lui-même.
La vue d’un bienfaiteur importune souvent, celle d’un homme à qui l’on a fait du bien est toujours agréable.
Nous aimons notre ouvrage en lui.
Vouloir se passer de tous les hommes et n’être obligé à personne, signe certain d’une âme sans sensibilité. »
< t.1 p.64 >
Louis-Ambroise de BONALD / OEuvres complètes t.3 / Paris, J-P Migne 1859
« Les institutions les plus charitables ont été établies par des hommes austères, et détruites par des philanthropes.
»
< Pensées, p.1355 >
Victor HUGO / Philosophie prose / Océan / OEuvres complètes / Robert Laffont - Bouquins 1989
« Si vous ne sentez pas que la chose donnée par vous vous manque, vous n’avez rien donné. On ne donne
que ce dont on se prive. »
< 1858-60 p.66 >
Edmond et Jules de GONCOURT / Journal (t.1) / Robert Laffont - Bouquins 1989
« Ma petite cousine se plaint beaucoup d’une femme entretenue, qu’elle a le scandale d’avoir pour voisine
à la campagne. Et le dernier mot de son indignation est : "Elle fait beaucoup de bien, beaucoup de charité...
Vous concevez comme c’est désagréable ! Et puis, elle fait tout augmenter..." »
< 24 juin 1861, p.711 >
Sacha GUITRY / De 1429 à 1942 ou de Jeanne d’Arc à Philippe Pétain / Cinquante ans d’occupations /
Omnibus Presses de la Cité 1993
« Puis-je me permettre de citer ici un mot que Clemenceau m’a dit un jour :
— Je lis souvent dans les journaux des entrefilets sur vous qui sont bien venimeux. Comment cela se
fait-il? Vous ne demandez donc jamais de service à personne? »
< p.1095 >
Henry D. THOREAU / Résistance au gouvernement civil (1848) / Désobéir / Bibliothèques 10/18 (2832)
Éd. de L’Herne 1994
« L’homme qui se dévoue entièrement à ses semblables risque de passer à leurs yeux pour un être sans
valeur et égoïste, tandis que celui qui ne leur consacre qu’une petite partie de lui-même est appelé du nom
de bienfaiteur et de philanthrope. »
< p.50 >
Friedrich NIETZSCHE / Humain, trop humain. (1878-1879) / OEuvres I / Robert Laffont - Bouquins
1990
« Que l’on observe plutôt des enfants qui pleurent et crient afin d’être objets de pitié, et pour cela guettent
le moment où leur situation peut tomber sous les yeux ; qu’on vive dans l’entourage de malades et d’esprits
déprimés et qu’on se demande si les plaintes et les lamentations éloquentes, l’exhibition de l’infortune,
ne poursuivent pas au fond le but de faire mal aux spectateurs : la pitié que ceux-ci expriment alors est
une consolation pour les faibles et les souffrants en tant qu’ils y reconnaissent avoir au moins encore un
pouvoir, en dépit de leur faiblesse : le pouvoir de faire mal. Le malheureux prend une espèce de plaisir à ce
sentiment de supériorité dont lui donne conscience le témoignage de pitié ; son imagination s’exalte, il est
toujours assez puissant encore pour causer de la douleur au monde. »
< p.474-475 >
16 ALTRUISME
Alphonse KARR / Sous les orangers / M. Lévy frères 1859
« Je vous ai demandé un service hier ; vous pouviez me le refuser, vous en aviez le droit ; mais vous
m’avez rendu hier le service demandé : vous m’en devez un autre, dix autres, cent autres. Avisez-vous de
me refuser un second service après m’avoir rendu le premier ! je vous haïrai, je vous diffamerai, je vous
traiterai, comme un traître et un voleur. »
< p.289 >
Paul VALÉRY / Tel Quel / OEuvres II / Bibliothèque de la Pléiade / nrf Gallimard 1960
« "Être bon" pour quelqu’un lui suggère de vous réduire en esclavage. Il ne s’en doute pas. Il n’en use que
plus pleinement avec vous. Il se met à penser sans effort en disposant de vous. Vous ne faites pas obstacle.
Vous entrez implicitement dans les projets qu’il forme, au titre d’un moyen facile. »
< p.532 >
Jules RENARD / Journal / Robert Laffont - Bouquins 1990
« La mauvaise charité, c’est celle qui offre plutôt un verre de vin qu’une bouchée de pain. »
< 3 avril 1900 p.452 >
« Il est plus facile d’être généreux que de ne pas le regretter. »
< 11 février 1908 p.914 >
Alphonse ALLAIS / À se tordre (1891) / OEuvres anthumes / Robert Laffont - Bouquins 1989
« À l’encontre de beaucoup de personnes que je pourrais nommer, je préfère m’introduire dans un compartiment
déjà presque plein que dans un autre qui serait à peu près vide.
Pour plusieurs raisons.
D’abord, ça embête les gens.
Êtes-vous comme moi? j’adore embêter les gens, parce que les gens sont tous des sales types qui me dégoûtent.
En voilà des sales types, les gens !
Et puis, j’aime beaucoup entendre dire des bêtises autour de moi, et Dieu sait si les gens sont bêtes ! Avezvous
remarqué?
Enfin, je préfère le compartiment plein au compartiment vide, parce que ce manque de confortable macère
ma chair, blinde mon coeur, armure mon âme, en vue des rudes combats pour la vie (struggles for life). »
< p.87 >
Ambrose BIERCE / Le Dictionnaire du Diable (1911) / Éditions Rivages 1989
« Nous connaissons mieux nos propres besoins que ceux des autres. Satisfaire les siens relève de la bonne
gestion. »
< p.93 >
ALAIN / 81 chapitres sur l’esprit et les passions / Les Passions et la Sagesse / Bibliothèque de la Pléiade
/ nrf Gallimard 1960
« L’homme, par nature, n’aimerait que lui, et ce serait la sauvagerie ; mais les liens de société l’obligent à
compter avec les autres, et à les aimer pour lui, tant qu’enfin il arrive à croire qu’il les aime pour eux. Il
existe un bon nombre d’ouvrages, assez ingénieux, où l’on explique assez bien le passage de l’amour de
soi à l’amour d’autrui ; et j’avoue que si l’on commençait par la solitude et l’amour de soi, on arriverait
bientôt à aimer ses semblables. Mais ce n’est qu’une mauvaise algèbre. Autant qu’on connaît le sauvage, il
vit en cérémonie et adore la vie commune ; il est aussi peu égoïste que l’on voudra. L’égoïsme est un fruit
de la civilisation, non de sauvagerie ; et l’altruisme aussi son correctif ; mais l’un et l’autre sont plutôt des
mots que des êtres. »
< p.1200 >
Alfred SAUVY / Mythologie de notre temps / Petite Bibliothèque Payot (191) 1971
« La charité a toujours soulagé la conscience des riches, bien avant de soulager l’estomac du pauvre. »
< p.156 >
AMBITION 17
Pierre DAC / Les Pensées / Le cherche midi éditeur 1972
« Celui qui dans la vie est parti de zéro pour n’arriver à rien dans l’existence n’a de merci à dire à personne.
»
< p.54 >
Pierre DAC / Arrière-pensées - Maximes inédites / Le cherche midi éditeur 1998
« Le vrai paternalisme, c’est d’aimer les autres pour soi-même. »
< p.88 >
Emil CIORAN / Carnets 1957-1972 / nrf Gallimard 1997
« Je pense au grand mal que m’ont fait tous ceux qui m’ont aidé. Sans leur appui, j’aurais eu à me débrouiller
seul, à faire un effort supplémentaire, à m’affirmer, etc., j’aurais produit davantage, alors que,
toutes les fois qu’on m’a aidé, j’en ai profité pour ne rien faire. On comprend la stérilité des fils à papa.
Pourquoi se démener pour entreprendre quoi que ce soit ? Les animaux de luxe ne valent rien... comme
animaux. De même l’homme qui n’est pas coincé ; il n’a pas besoin de faire un effort sur soi ou contre
autrui, il se laisse aller et voit les années passer sans fruit. L’immoralité de la philanthropie ! »
< 22 septembre 1970 p.841 >
PaulWATZLAWICK / Faites vous-même votre malheur / Seuil 1984
« Qui aime veut venir en aide à l’objet aimé. Mais le désir spontané de voler au secours d’autrui ne présuppose
pas forcément l’existence d’une relation amoureuse individuelle. Au contraire, l’altruisme qui pousse
à venir en aide à un inconnu est considéré comme une manifestation d’une particulière noblesse. Cette aide
altruiste constitue un idéal élevé et (dit-on) contient en elle-même sa propre récompense.
Cela ne devrait pas forcément faire obstacle à notre dessein. Comme toute autre attitude noble, l’altruisme,
l’aide désintéressée sont susceptibles de salissure et d’amoindrissement par la lueur blême de la pensée.
Pour mettre en doute la pureté altruiste, il suffit de se demander si l’on ne possède pas, dans le fond, des
mobiles cachés. Cette bonne action n’était-elle pas un dépôt de fonds sur mon compte personnel en paradis
? Ne visait-elle pas à en mettre plein la vue à des tiers ? Voulais-je me faire admirer ? Contraindre
quelqu’un à la gratitude envers moi, en faire, comme on dit si bien, mon "obligé"? Ne cherchais-je pas plus
simplement à atténuer quelque sentiment de culpabilité? Il n’existe manifestement pas de limite au pouvoir
de la pensée négative, il suffit de chercher pour trouver. »
< p.97-98 >
AMBITION
Cardinal de RETZ / La Conjuration du comte de Fiesque / OEuvres / Bibliothèque de la Pléiade / nrf
Gallimard 1984
« Il se trouve assez de personnes qui ont du mérite, du courage et de l’ambition et qui roulent dans leur esprit
des pensées générales de s’élever et de rendre leur condition meilleure ; mais il s’en rencontre rarement
qui, après les avoir formées, sachent faire le choix des moyens qui sont propres à l’exécution, et qui ne se
relâchent pas du soin continuel qu’il faut avoir pour les faire réussir, ou, quand ils s’en donnent la peine,
c’est presque toujours à contretemps, et avec trop d’impatience d’en voir le succès. »
< p.29 >
LA BEAUMELLE / Mes pensées ou Le qu’en dira-t-on (1752) / Droz 1997
« On ne s’élève que par de grandes vertus ou par de grands crimes, par des talents supérieurs ou par une
stupidité avérée, par une extrême hauteur ou par une extrême bassesse : toujours par les extrêmes. »
< CLVIII p.92 >
Jean de LA BRUYÈRE / Les Caractères / OEuvres / Bibliothèque de la Pléiade / nrf Gallimard 1951
« L’esclave n’a qu’un maître ; l’ambitieux en a autant qu’il y a de gens utiles à sa fortune. »
< p.238 VII (70) >
18 AMBITION
Charles DUFRESNY / Amusements sérieux et comiques (1698) / Moralistes du XVIIe siècle / Robert
Laffont - Bouquins 1992
« L’ambitieux parle contre la paresse, le paresseux contre l’ambition. »
< p.1028 >
MONTESQUIEU / Mes pensées / OEuvres complètes I / Bibliothèque de la Pléiade / nrf Gallimard 1949
« Je ne suis point étonné de voir les ambitieux se donner un air de modestie et se défendre de l’ambition
comme d’un vice honteux. Celui qui montrerait toute son ambition étonnerait tous ceux qui voudraient le
servir. D’ailleurs, comme personne n’est assuré de réussir dans le chemin de la fortune, on se prépare la
ressource de faire croire qu’on l’a méprisée. »
< 1106 p.1287 >
Friedrich Melchior baron de GRIMM / Correspondance littéraire, philosophique et critique (tome 1) /
Garnier frères 1877 [BnF]
« Cela me rappelle un mot du prince Eugène*. Il allait attaquer Lille ; on lui dit, pour l’en détourner, qu’elle
était défendue par un maréchal de France : "J’aime bien mieux qu’elle soit défendue par un maréchal de
France que par un homme qui aurait envie de le devenir." »
< p.129 >
* Eugène de Savoie-Carigan, dit le Prince Eugène, général des armées impériales (Paris 1663 - Vienne
1736).
Madame de LAMBERT / Avis d’une mère à son fils / OEuvres complètes / Paris L.Collin 1808 [BnF]
« Tout homme qui n’aspire pas à se faire un grand nom n’exécutera jamais de grandes choses : ceux qui
marchent nonchalamment souffrent toutes les peines de leur profession, et n’en ont ni l’honneur, ni la
récompense. »
< p.3 >
« Nous croyons souvent n’en vouloir qu’aux hommes, et nous en voulons aux places : jamais ceux qui les
ont occupées n’ont été au gré du monde ; et on ne leur a rendu justice, que quand ils ont cessé d’y être. »
< p.19 >
CHAMFORT / Maximes et Pensées, Caractères et Anecdotes / Garnier-Flammarion 1968
« L’ambition prend aux petites âmes plus facilement qu’aux grandes, comme le feu prend plus aisément à
la paille, aux chaumières qu’aux palais. »
< 68 p.64 >
NAPOLÉON Ier / Maximes de guerre et pensées / J. Dumaine Ed., Paris 1863
« L’ambition est à l’homme ce que l’air est à la nature ; ôtez l’un au moral et l’autre au physique, il n’y a
plus de mouvement. »
< 79 p.234 >
Joseph JOUBERT / Carnets / nrf Gallimard 1938-1994
« C’est l’ambition qui fait les grands intervalles. Un palefrenier du roi de France est plus près de son maître
que le chancelier. »
< t.2 p.618 >
Jonathan SWIFT / Pensées sur divers sujets loraux et divertissants / OEuvres / Bibliothèque de la Pléiade
/ nrf Gallimard 1965
« L’ambition, souvent, fait accepter les fonctions les plus basses ; c’est ainsi qu’on grimpe dans la posture
où l’on rampe. »
< p.575 >
AMBITION 19
Eugène DELACROIX / Journal 1822-1863 / Plon 1980
« Petetin m’avait dit le matin que, pour n’avoir rien à se reprocher, il avait mis son ambition dans sa poche.
Je disais à Chenavard que je pensais qu’il était impossible de se trouver mêlé aux affaires des autres et de
s’en tirer complètement honnête. "Comment voulez-vous, disait-il, qu’il en soit autrement? Celui qui prend
l’équité pour règle ne peut absolument lutter contre celui qui ne songe qu’à son intérêt : il sera toujours battu
dans la carrière de l’ambition." »
< 2 mars 1849 p.181 >
Conseil d’ami :
« "Ne négligez rien de ce qui peut vous faire grand", m’écrivait le pauvre Beyle [=Stendhal]. »
< 31 janvier 1850 p.219 >
Maurice JOLY / Recherches sur l’art de parvenir / Paris Amyot 1868 [BnF Cote LB56-1958]
« En raison des qualités d’esprit et de caractère que suppose une passion aussi forte que celle de l’ambition,
il semblerait qu’elle ne dut être le partage que d’un petit nombre d’hommes bien doués. C’est le contraire
qui arrive. Ce sont les gens les plus médiocres qui sont les plus ambitieux, et par suite les plus agissants.
Rien n’est plus piquant que ceci. On peut se représenter la fortune comme une belle femme environnée de
prétendants ; ce sont les eunuques qui la désirent le plus, et ce sont les eunuques qui l’obtiennent. »
< p.60 >
Friedrich NIETZSCHE / Aurore. (1881) / OEuvres I / Robert Laffont - Bouquins 1990
« Ne pas oublier !— Plus nous nous élevons, plus nous paraissons petits aux regards de ceux qui ne savent
pas voler. »
< 574 p.1210 >
Charles-Augustin SAINTE-BEUVE / Mes Poisons / Collection Romantique / José Corti 1988
« L’ambition ne m’est pas naturelle ; je me la suis inoculée à propos de ma candidature académique (1844).
J’en éprouve assez pour la comprendre et la sentir en abrégé. Je ne l’ai pas à l’état de petite vérole, je l’ai
à l’état de vaccine : je n’en resterai pas gravé. »
< p.165 >
Jules RENARD / Journal / Robert Laffont - Bouquins 1990
« Pour peu qu’on tâche de se perfectionner, on voit les autres rapetisser, comme s’ils s’enfonçaient dans le
sable. »
< 3 juillet 1894 p.185 >
« Oh ! madame, mon ambition n’a pas de bornes. Pour arriver, je vous passerais sur le ventre. »
< 30 décembre 1896 p.293 >
« Il y a de la place au soleil pour tout le monde, surtout quand tout le monde veut rester à l’ombre. »
< 29 janvier 1898 p.366 >
Paul-Jean TOULET / Les trois impostures / OEuvres complètes / Robert Laffont - Bouquins 1986
« Les arrivistes sont des gens qui arrivent. Ils ne sont jamais arrivés. »
< 165 p.181 >
Paul LÉAUTAUD / Journal littéraire / Mercure de France 1986
« Il y a quelques semaines que je veux noter cette réflexion qui m’est venue, que les gens qui désirent
avoir beaucoup de choses dans la vie : places, honneurs, influence, décorations, Académie, sont peut-être
des gens qui ont une vitalité supérieure, qui a besoin d’embrasser beaucoup de choses. Les gens qui vivent
dans leur coin, se contentant de ce qui leur vient, sans aucune activité pour rien attraper d’autre, seraient
des gens d’une vitalité réduite. On dit des premiers : arrivistes, ambitieux, et on fait honneur aux seconds de
leur modestie. Les premiers ne sont pas plus à blâmer que les seconds à féliciter. Notre caractère est notre
maître et toutes nos actions dépendent de lui. Les premiers et les seconds ne pourraient pas être autrement
qu’ils sont. »
< 19 Novembre 1940 III p.218 >
20 AMBITION
« Il y a des gens qui savent se caser. Il est vrai que c’est tout ce qu’ils savent. »
< 2 Avril 1942 III p.549 >
Sacha GUITRY / Toutes réflexions faites / Cinquante ans d’occupations / Omnibus Presses de la Cité
1993
« Si vous êtes un jour traité de parvenu, tenez pour bien certain que vous serez arrivé. »
< p.82 >
Paul VALÉRY / Mauvaises pensées et autres / OEuvres II / Bibliothèque de la Pléiade / nrf Gallimard 1960
« Être soi-même !... Mais soi-même en vaut-il la peine? »
< p.811 >
RobertMUSIL / L’homme sans qualités / Editions du Seuil - Points 1956
« À strictement parler, il était resté ce qu’on appelle un espoir ; on nomme espoirs, dans la république des
esprits, les républicains proprement dits, c’est-à-dire ceux qui s’imaginent qu’il faut consacrer à son travail
la totalité de ses forces, au lieu d’en gaspiller une grande part pour assurer son avancement social ; ils
oublient que les résultats de l’homme isolé sont peu de chose, alors que l’avancement est le rêve de tous,
et négligeant ce devoir social qu’est l’arrivisme, ils oublient que l’on doit commencer par être un arriviste
pour pouvoir offrir à d’autres, dans les années du succès, un appui à la faveur duquel ils puissent arriver à
leur tour. »
< T 1 p.55 >
Emil CIORAN / Syllogismes de l’amertume (1952) / OEuvres / Quarto Gallimard 1995
« Méfiez-vous de ceux qui tournent le dos à l’amour, à l’ambition, à la société. Ils se vengeront d’y avoir
renoncé. »
< p.746 >
Emil CIORAN / De l’inconvénient d’être né (1973) / OEuvres / Quarto Gallimard 1995
« La lucidité sans le correctif de l’ambition conduit au marasme. Il faut que l’une s’appuie sur l’autre, que
l’une combatte l’autre sans la vaincre, pour qu’une oeuvre, pour qu’une vie soit possible. »
< p.1330 >
Emil CIORAN / Carnets 1957-1972 / nrf Gallimard 1997
« Eût-il tous les mérites, un ambitieux ne peut être honnête qu’à la surface. N’ayez confiance que dans les
indifférents. »
< 20 octobre 1963, p.187 >
GeorgesWOLINSKI / Les Pensées / Le cherche midi éditeur 1981
« Quand on ne sait rien faire, il faut avoir de l’ambition. »
< p.112 >
André FROSSARD / Les Pensées / Le cherche midi éditeur 1994
« Le mot "légitime" perd toute espèce de sens quand on l’associe à celui d’"ambition". »
< p.155 >
Jean-François REVEL / Mémoires / Plon 1997
« L’amoureux véritable des fonctions et des places ne démissionne jamais, ni pour raison de conscience,
ni faute des conditions techniques nécessaires à son office. Il sacrifie toujours ce qu’il faut et ceux qu’il
faut à la conservation de son pouvoir, y compris ce pouvoir même, s’il doit se résigner à n’en plus retenir
que l’apparence. Les trahisons que son arrivisme lui impose et les volte-face que ses opinions exécutent,
il les déguisera en décisions immaculées, qui coulent de la pure source d’une conviction intime et d’une
méditation toute personnelle. La démission, s’il y est acculé, il la négocie contre un autre poste, dans lequel
il s’arrange pour gagner en élévation ce qu’il a perdu en influence. »
< p.616 >
Bądź szalony,
ale nie głupi.
